Tintin
Tintin au Congo Archive n° A101
Une petite perle…
Pour tout collectionneur d’albums de Hergé, quoi de plus prestigieux qu’un exemplaire ayant servi de base de travail aux ateliers d’impression, et provenant de surcroît de la bibliothèque personnelle de Monsieur Louis-Robert Casterman ?
Cet album est non seulement unique, mais aussi historique et voici pourquoi.
En 1941, la guerre fait rage.
En Belgique occupée, l’imprimerie Casterman souffre d’une pénurie constante de papier, et la moindre économie compte.
1941 voit paraître les toutes dernières éditions en noir et blanc dites « petites images ». En 1942, tous les albums de Tintin (à l’exception des Soviets) seront imprimés une dernière fois en noir et blanc, avec un dessin couvrant l’entièreté de la couverture : ce sont les A18, les fameuses « grandes images ». Ce tirage incarne la transition vers les éditions en quadrichromie, dont les premiers volumes paraîtront quelques mois plus tard.
Pour préparer ces éditions de transition, les équipes de l’imprimerie travaillaient sur des albums existants afin d’en réaliser des maquettes. Il fallait revoir essentiellement la pagination et les couvertures. Pour Les Cigares du Pharaon et Le Sceptre d’Ottokar, Hergé imagina des couvertures totalement inédites.
Certains exemplaires choisis pour ce travail étaient d’une importance particulière et c’est précisément le cas de ce Tintin au Congo « petite image ».
Toujours dans une logique d’économie, les employés de l’imprimerie ont puisé directement dans la bibliothèque de Louis Casterman, leur employeur, afin de disposer d’un support fiable et complet en vue de préparer la maquette du cahier de la future édition « grande image » de la même aventure.
Un choix pour le moins inattendu… mais visiblement très pratique !
Ainsi, cette « petite image » du Congo A14, référencé A101, est abondamment annotée (peut-être par Hergé lui-même ?) dès le premier plat sur trois lignes, et sur toutes les pages.
Sur le premier plat (photo n°3 ), à la première ligne, on peut lire : « T. 116/112 ». « 116 » fait référence au nombre de pages total noir et blanc imprimé du A14 ; la future édition A18 en comptera 112.
Sur la deuxième ligne : « H.T 8 », pour huit pages de hors-texte (recto-verso). Le nombre de hors-texte couleur ne changera pas entre les deux éditions, 4.
Enfin, sur la troisième ligne : « 124 pages/120pages ». 124 pages pour l’édition A14 en comptabilisant les hors-texte ; 120 pages (en rouge) pour la nouvelle édition A18 avec les hors-texte.
( Attention à ne pas confondre le nombre de pages imprimées et la pagination ).
Sur la page de titre, le 20e mille est barré pour être remplacé par le « 30e », qui correspond au cahier des A18.
Dans l’ensemble du cahier, la numérotation des pages est revue en bas de chacune d’elles.
Dans l’atelier d’imprimerie, le vacarme des machines résonnait, les mains des ouvriers étaient noircies d’encre et chaque geste se faisait dans l’urgence du plein régime. Cet exemplaire en porte encore les empreintes..
Entre la première garde volante et la page de titre ont été glissées par un ouvrier deux épreuves d’imprimerie de la page de titre qui était à venir..
Tintin
Tintin au Congo Archive n° A101
Une petite perle…
Pour tout collectionneur d’albums de Hergé, quoi de plus prestigieux qu’un exemplaire ayant servi de base de travail aux ateliers d’impression, et provenant de surcroît de la bibliothèque personnelle de Monsieur Louis-Robert Casterman ?
Cet album est non seulement unique, mais aussi historique et voici pourquoi.
En 1941, la guerre fait rage.
En Belgique occupée, l’imprimerie Casterman souffre d’une pénurie constante de papier, et la moindre économie compte.
1941 voit paraître les toutes dernières éditions en noir et blanc dites « petites images ». En 1942, tous les albums de Tintin (à l’exception des Soviets) seront imprimés une dernière fois en noir et blanc, avec un dessin couvrant l’entièreté de la couverture : ce sont les A18, les fameuses « grandes images ». Ce tirage incarne la transition vers les éditions en quadrichromie, dont les premiers volumes paraîtront quelques mois plus tard.
Pour préparer ces éditions de transition, les équipes de l’imprimerie travaillaient sur des albums existants afin d’en réaliser des maquettes. Il fallait revoir essentiellement la pagination et les couvertures. Pour Les Cigares du Pharaon et Le Sceptre d’Ottokar, Hergé imagina des couvertures totalement inédites.
Certains exemplaires choisis pour ce travail étaient d’une importance particulière et c’est précisément le cas de ce Tintin au Congo « petite image ».
Toujours dans une logique d’économie, les employés de l’imprimerie ont puisé directement dans la bibliothèque de Louis Casterman, leur employeur, afin de disposer d’un support fiable et complet en vue de préparer la maquette du cahier de la future édition « grande image » de la même aventure.
Un choix pour le moins inattendu… mais visiblement très pratique !
Ainsi, cette « petite image » du Congo A14, référencé A101, est abondamment annotée (peut-être par Hergé lui-même ?) dès le premier plat sur trois lignes, et sur toutes les pages.
Sur le premier plat (photo n°3 ), à la première ligne, on peut lire : « T. 116/112 ». « 116 » fait référence au nombre de pages total noir et blanc imprimé du A14 ; la future édition A18 en comptera 112.
Sur la deuxième ligne : « H.T 8 », pour huit pages de hors-texte (recto-verso). Le nombre de hors-texte couleur ne changera pas entre les deux éditions, 4.
Enfin, sur la troisième ligne : « 124 pages/120pages ». 124 pages pour l’édition A14 en comptabilisant les hors-texte ; 120 pages (en rouge) pour la nouvelle édition A18 avec les hors-texte.
( Attention à ne pas confondre le nombre de pages imprimées et la pagination ).
Sur la page de titre, le 20e mille est barré pour être remplacé par le « 30e », qui correspond au cahier des A18.
Dans l’ensemble du cahier, la numérotation des pages est revue en bas de chacune d’elles.
Dans l’atelier d’imprimerie, le vacarme des machines résonnait, les mains des ouvriers étaient noircies d’encre et chaque geste se faisait dans l’urgence du plein régime. Cet exemplaire en porte encore les empreintes..
Entre la première garde volante et la page de titre ont été glissées par un ouvrier deux épreuves d’imprimerie de la page de titre qui était à venir..
































